Rencontre avec Safae Moatassime
Safae Moatassime est artiste plasticienne, franco-marocaine. Sa pratique est aujourd’hui principalement centrée sur le dessin aux crayons de couleurs.
Une belle rencontre de Marguerite La Rochelaise lors de son exposition-vitrine « Les Suspendues » à l’Atelier Bletterie.

Safae Moatassime, en trois mots ?
Oh c’est dur ! (rires) J’ai les images mais pas les mots qui vont avec… Hybride, stellaire et profondeur.
Ton plus beau souvenir ou évènement marquant ?
Il y en a beaucoup. Mes plus beaux souvenirs sont des retraites de méditation que j’ai faites avec un moine bouddhiste en particulier. Notamment ma toute première retraite en 2016 d’une durée de six jours où il fallait rester dans le silence et la médiation de 5 heures du matin, moment du lever, à 21 heures, moment du coucher. Les moines de la tradition bouddhiste du Theravāda sont appelés les moines de la forêt et je suis un peu tombée par hasard sur ce moine et cette retraite de méditation. Ce fut une expérience magique qui amène à être très proche de son corps et ce qui nous traverse émotionnellement. Où il n’y a plus de différence entre les sensations physiques et les états d’âme. Avec également une grande proximité avec la nature qui nous entoure, très intime et sensuelle. Ce qui m’a marqué le plus c’est une promenade un après midi dans le parc. Je me suis allongée sous un arbre en contemplant la lumière qui traversait les feuilles et j’ai eu l’impression d’être traversée par du miel et d’entendre chanter les feuilles. Une sorte de synesthésie s’est opérée et je pense que c’est à ce moment là que plein de choses se sont débloquées en moi.
Ton rêve le plus fou ?
Woaw (rires). Je ne sais pas si c’est fou ou inatteignable, cela peut même paraître grossier dit comme ça mais ce serait être libre financièrement pour me consacrer uniquement à la création. Et que ce fascisme et cette violence trop présents autour de nous disparaissent définitivement.
Futur(s) projet (s) ?
Je n’ai pour l’instant pas de projet immédiat d’exposition. Artistiquement j’aimerais travailler sur des formats encore plus grand sur des papiers de plus en plus fins. J’ai également envie de donner plus de place à l’écriture dans mon travail et trouver la meilleure manière de la mettre en forme.

© Safae Moatassime
Le(s) mot(s) de la fin ?
La pratique artistique est essentielle dans notre société car elle permet de nourrir les regards. L’artiste a véritablement un rôle à jouer, que son art soit ostensiblement politique ou pas.
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