Shuling Liu Chapelle des Dames Blanches La Rochelle

Le chant des ruisseaux de Shuling LIU

La Ville de La Rochelle présente l’exposition « Le chant des ruisseaux » de Shuling LIU à la chapelle des Dames Blanches du 7 février au 25 mars 2026.

Shuling Liu Chapelle des Dames Blanches La Rochelle

Le Phare des ruisseaux présente une création spécifique imaginée par l’artiste à la Chapelle des Dames Blanches.

Cette exposition est la tentative de Shuling Liu de prendre de la hauteur pour observer les profondeurs de l’océan.
Ses installations questionnent nos rapports aux mondes marins et ses rêves d’évasion. Elles prennent leur source dans des gestes observés puis pratiqués : charpente navale, navigation à la voile, matelotage, écaillage.

À mesure qu’elle est accueillie par ces milieux, la frontière entre simulation et mimétisme s’efface. À la suite d’un cycle de résidences à la Corderie Royale de Rochefort et aux Usines de Ligugé, Shuling Liu présente une installation inédite.

Monumentale, elle occupe les dix mètres sous la voûte de la Chapelle des Dames Blanches.
Foisonnante, elle mêle sculpture, photographie, écriture, matelotage et crée ainsi un espace de rêverie des paysages maritimes.

Cette exposition s’inscrit dans un projet itinérant porté par Shuling Liu et soutenu par le contrat de filières arts plastiques et visuels en Nouvelle-Aquitaine.

« Le chant des ruisseaux, présentation de l’exposition

« Les plus éloignés, on les appelait L’Enfer. Il se disait même qu’un gardien pouvait avoir vécu Le Paradis, Le Purgatoire et L’Enfer sans jamais connaître la mort. Parfois monstres d’isolement et de dangerosité, souvent bijoux d’ingénierie humaine et, surtout, guides salvateurs des marins, les phares habitent nos paysages et nos récits depuis des millénaires.
Intitulé Le Phare des ruisseaux, celui de Shuling Liu transcende les espaces et les époques. Autant décharné qu’une carcasse, à moins qu’il ne s’agisse d’un squelette à bâtir, il se dresse à près de 10 mètres, indistinctement dans les airs ou sous les eaux. Au sein de son allure ambiguë, il réunit un répertoire marin universel et intemporel qui tutoie les sujets métaphysiques.

Shuling LIU © Matéo CLAUSSE

Shuling LIU © Matéo CLAUSSE

Née en Chine, à plus de mille kilomètres de la mer, Shuling Liu découvre l’océan en France. Jusqu’alors, sa relation au littoral se résumait au désintérêt pour le tourisme balnéaire. Mais sa posture se transforme à la vue des côtes bretonnes : cet environnement l’attire intensément. La pratique de la plongée à laquelle elle s’adonne par la suite ainsi que la lecture de récits ne suffisent cependant pas à pénétrer le monde marin. Elle franchit ce cap en rejoignant l’équipage du Shtandart, la réplique d’une frégate du XVIIIe siècle. À bord du navire, elle découvre le travail en communauté, les soins que requiert un vieux gréement et, ce qui la marque avant tout : l’étendue des savoirs anciens dont la précision technique exige une transmission personnalisée.

Shuling LIU © Matéo CLAUSSE

Shuling LIU © Matéo CLAUSSE

L’individu est dépositaire de savoir-faire pluri-séculaires. Cette épiphanie n’est pas totalement une découverte pour l’artiste. Son travail contenait cette intuition depuis longtemps, mais elle ne s’était pas aussi clairement révélée jusque-là. Marquée par le deuil et le déracinement, Shuling Liu développe une pratique artistique qui explore les notions de mémoire, de chagrin, de nostalgie. Pour exprimer la fugacité de la vie, elle abandonne sa pratique initiale de la peinture à l’huile et s’empare des médiums offerts par l’École supérieure d’art de Limoges : les bijoux notamment et aussi la porcelaine qu’elle redécouvre en France. Car depuis son ouverture économique, la Chine court après la modernité, en dépit de ses artisanats ancestraux qu’elle déconsidère.

Shuling LIU © Matéo CLAUSSE

Shuling LIU © Matéo CLAUSSE

La brièveté de l’existence s’accompagne de celle des savoirs à moins qu’ils ne soient partagés. Depuis ce milieu marin, si éprouvant physiquement et si stimulant métaphoriquement, ce récit se lit et se lie dans Le Phare des ruisseaux. Immense et attirant, son profil interroge : Est-ce un phare immergé ? Un bateau dressé à la verticale ? Une carcasse de baleine ? Une bambouseraie dans laquelle se perdre ? Son contenu, quant à lui, s’imprègne des cultures rencontrées. S’y côtoient : architecture de bambou, construction navale (des couples de L’Hermione s’y intègrent), nœuds marins et aussières d’amarrage (issues d’une résidence à La Corderie Royale de Rochefort), voile de jonque et poissons de porcelaine – mi ex-voto, mi offrandes immortalisées.
Qu’il s’agisse d’un piège ou d’un refuge, d’un recueil de savoirs ou d’un site de partage, ce phare et les flux qui le nourrissent ont vocation à rassembler, bravant les paysages mouvants et autres abîmes incertains. »
Hélène Dantic, janvier 2026

Shuling LIU, biographie

Shuling LIU © Tous droits réservés

Shuling LIU © Tous droits réservés

Shuling LIU (née en 1990 à Chongqing, Chine) s’est formée à la peinture à l’huile à l’École des beaux-arts du Sichuan, puis à l’ENSAD de Limoges où elle obtient son DNSEP en 2019. Son travail mêle installations, sculptures, porcelaines, dessins et bijoux contemporains, explorant les thèmes du deuil, de la mémoire et des cultures maritimes.

À travers des univers contemplatifs, Shuling LIU combine savoir-faire artisanal (voiles cousues main, porcelaine) et technologies contemporaines (découpe laser). Son parcours compte la Biennale de la Jeune Création Contemporaine de Mulhouse (Prix du Centre culturel français de Fribourg, 2021), une résidence et exposition au musée Cécile Sabourdy (2023) et, en 2024, une invitation à Tulle pour étudier le drame historique de la ville et créer une œuvre mémorielle réunissant un millier d’oiseaux en porcelaine avec la participation des habitants.
Elle est également cofondatrice de Sinaling, entreprise funéraire créée avec le céramiste Matéo Clausse, dont les urnes ont été présentées au musée Adrien Dubouché et à la biennale Homo Faber à Venise.

Elle est membre de l’équipage du Shtandart, réplique d’une frégate sur laquelle elle navigue régulièrement depuis deux ans.

Suivez l’actualité de Shuling LIU sur son site, Facebook et Instagram.

Le phare des ruisseaux de Shuling LIU, infos pratiques

Shuling LIU © Matéo CLAUSSE

Shuling LIU © Matéo CLAUSSE

Exposition du 7 février au 25 mars 2026 – Vernissage le vendredi 6 février à 18h en présence de l’artiste.
Chapelle des Dames Blanches 23 Quai Maubec à La Rochelle – Entrée libre du mardi au dimanche de 14h à 18h et les matinées du mercredi et du samedi de 10h30 à 12h30.

Visites et rencontres à la Chapelle des Dames Blanches
– Scolaires et hors temps scolaires sur rendez-vous
– Visites commentées tous publics les samedis 21 février et 14 mars 2026 à 14h00
– Visite spécifique à destination des personnes déficientes visuelles le samedi 7 mars 2026 à 14h00
Visites gratuites sur inscription préalable à l’adresse suivante : ch.dames-blanches@ville-larochelle.fr 

La Chapelle des Dames Blanches by Cyril Vivier

© Cyril Vivier